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Moments choisis de l’action culturelle, saison 2018-2019

 

Du chant, des pierres, de l’eau, des pianos et Jean-Marie Machado

Dimanche 26 mai au Cdbm s’est déroulé un concert pour 15 pianos et 120 choristes : le Chant des Pierres dans l’eau. Cette représentation triomphalement accueillie venait clore un projet participatif ambitieux réunissant musiciens professionnels et amateurs et mené par Jean-Marie Machado, compositeur associé au Cdbm.

Les participants

Parmi les participants, 40 enfants du Conservatoire, âgés de 8 à 15 ans, et les 80 adultes de Vent d’Est forment le chœur. Ils sont accompagnés d’un « orchestre de pianos », constitué d’une professeure de piano et de 12 élèves pianistes du Conservatoire, de la pianiste accompagnatrice de Vent d’Est ainsi que Jean-Marie Machado.

Le projet a donc réuni autour du compositeur 3 entités culturelles rayonnant sur la ville du Perreux : le Cdbm (Scène Conventionnée Musique et danse), le Conservatoire Maurice Ravel et le chœur Vent d’Est ; et plus de 140 artistes amateurs.

Après un an de travail, le concert s’est déroulé dans le Grand Théâtre (500 places) du Cdbm dimanche 26 mai 2019 à 11h, et a enchanté le public.

Des chants, des pierres et de l’eau…

Placée sous le signe du métissage culturel, cette œuvre musicale développe plusieurs thématiques. C’est l’histoire d’une tribu, aux inspirations africaines et brésiliennes, vivant heureuse au bord d’un étang, leur bonheur était si grand qu’il se reflétait dans l’eau. Des jets de pierres firent disparaître cette image. La recherche du bonheur perdu commence alors pour cette tribu. Le compositeur se réfère à l’eau, symbole de félicité et de quiétude ; les pierres sont quant à elles l’élément perturbateur de cette image de la tranquillité. La mélodie portée par les pianos et les chanteurs narre la quête du bonheur disparu puis retrouvé.

Des sonorités surprenantes…

La particularité du travail de Jean-Marie Machado est son rapport avec l’instrument. Il le considère comme évolutif, sans cesse en questionnement, à la recherche de nouvelles sonorités, de nouveaux accessoires… Cette liberté lui permet d’ouvrir les possibilités sonores, de créer un imaginaire plus vaste, plus inspirant.

Pour cette pièce, Jean-Marie Machado a créé un orchestre singulier composé uniquement de pianos. Ces derniers sont « préparés », c’est-à-dire modifiés par des accessoires spécifiques : des sortes de pinces à linge, des grelots, des clochettes, des maillets en caoutchouc… qui transforment et travaillent les sons émis par le piano.

Le choeur d’enfants a lui aussi été amené à créer des sonorités inattendues et poétiques avec des instruments originaux : bassines d’eau, récipients en bois, pierres…

Comme des professionnels

Ce projet a donné l’occasion aux enfants et aux adultes amateurs de se confronter à l’exigence artistique d’un véritable spectacle.

En effet, chacun a eu à tenir sa partition et un rôle bien précis. Jean-Marie Machado a élaboré ce concert comme une toile d’araignée où chaque fil tient l’ensemble. Le compositeur a travaillé avec ses musiciens et chanteurs avec le même sérieux, la même exigence et le même respect qu’avec des professionnels.

On a pu entendre lors des répétitions de petits rappels à l’ordre : « Position chanteur ! », ou des consignes qui peuvent nous paraître incongrues «{…}ne te laisse pas entrainer par la main droite de Chantal… », ce qui démontre bien l’exigence, l’enjeu et la volonté de réaliser une belle performance !

Petit à petit, les jeunes artistes ont pris confiance en eux et assumé pleinement la responsabilité de jouer leur partition au sein de l’orchestre. Ils ont appris à jouer à plusieurs pour les pianistes, à chanter avec un orchestre pour le chœur des enfants. Des contraintes nouvelles, parfois sources d’inquiétude mais rapidement apprivoisées, laissant place au plaisir de jouer ensemble.

 

 

Ulysse s’est invité au Perreux-sur-Marne

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Une première pour l’équipe du Cdbm en conivence avec la Société Nautique du Perreux, l’ajointe à la culture et la police municipale du Perreux-sur-Marne !

Le matin du samedi 11 mai, les habitants de la ville sont sortis se balader avec notre Ulysse fraîchement débarqué au Perreux. Intrigués, fascinés puis amusés nous avons tous suivi les pas de ce dieu sorti de nulle-part.

Accompagné d’Athéna, Ulysse a fait une petite halte à l’épicerie fine italienne Fratelli Centesimo, où ils ont pu déguster un bon vin ! Profitant de cette pause afin de lever le mystère sur cette déambulation…

Rendez-vous à 19h sur le quai de la SNP… Notre fervent public était à l’heure, même en avance ! Héphaïstos a pu ouvrir son bar à « vers » sous la pluie… celle-ci n’a pas arrêter nos poètes qui se sont lu ensemble, les uns les autres dans une belle convivialité des poèmes de Rimbaud, Prévert, Apollinaire et bien d’autres… Ce bar était riche en surprise, parmi les poèmes nous en avons trouvé écrit par des personnes du monde entier et de tout âge.

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Ulysse sur les bords de Marne

La pluie s’arrête enfin. Ulysse apparaît trempé, son navire a échoué. La représentation commence. Le bar se transforme petit à petit en bateau de fortune, des bouteilles en plastique, des planches de bois, quelques clous… ! Tout le monde a mis du cœur à l’œuvre pour aider Ulysse à reprendre sa route. Nous l’avons quitté, ou il nous a quitté un signe au loin, sur son bateau.

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Ulysse reprenant la route vers Ithaque

Une belle journée de poésie et de surprise s’est déroulé ce samedi 11 mai au Perreux-sur-Marne.

 

 

Dans un atelier du parcours danse

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Les jeunes étaient actifs et volontaires. Ils se sont déjà habitués au cadre imposé par la danseuse, Corinne Chachay. Ils sont entrés sur le plateaux ont déposé leurs affaires dans un coin, enlevés leurs chaussettes et se sont mis en mouvement. La première étape est de se rappeler de ce qui a été fait les précédentes fois, à raison d’un atelier par mois. Plusieurs jeux ont été mis en place afin de travailler différentes qualités, déplacements, phrases chorégraphiées… Ces jeux sont en réalité des exercices illustrés par un imaginaire propre tels que la bougie et le dragon. Ne sachant pas spécialement les termes utilisés en danse contemporaine l’imaginaire facilite grandement les jeunes à comprendre les qualités par lesquelles ils doivent passer. Aujourd’hui, Corinne Chachay a guidé les élèves dans l’approche de l’écriture chorégraphique. Comment à partir des mêmes informations il est possible de créer une multitude de phrases dansées qui ne se ressemblent pas ? Après avoir pu explorer diverses possibilités le plus dur est de se souvenir de son travail ; les professeures proposent alors d’écrire textuellement leur création pour la prochaine fois.

Il ne faut pas perdre de vue que ces ateliers devront aboutir à une restitution, un spectacle. Les jeunes ont maintenant un bagage suffisant (exercices, création d’une phrase personnelle, phrase apprise de Corinne Chachay) pour réaliser la chorégraphie.

En accompagnement du travail de Corinne Chachay, les professeures de ces élèves interviennent et nourissent le travail effectué. Une professeure d’histoire, une de français et une d’arts plastique tissent des liens avec le programme dit « scolaire » afin de construire ensemble un projet solide et réfléchi qui soit à la fois utile, instructif et innovant pour les jeunes ! C’est un moyen de faire découvrir la culture sous plusieurs angles. Comment rassembler « l’art hybride » , le Moyen-Âge et (demander à Corinne pour petites nouvelles en français) ? Grâce au mouvement, à la danse, les élèves découvrent que tous les arts peuvent être liés. En effet, il est plus enrichissant pour soit de nourrir le spectacle avec des références.

Ils se sont également nourrit des uns des autres mais aussi de leur porpre imaginaire. Corinne Chachay leur a demandé de poser sur papier leur trajectoire, le fil rouge de leur expérience et de ce qu’ils traversent dans la chorégraphie.

Savoir et avoir conscience de son imaginaire, comment on y a recours, comment ça peut nous aider à donner vie à des mouvements… C’est un point que la danseuse s’applique à leur transmettre, qu’ils puissent ressortir grandi, changé ou bien différent après cette aventure ensemble. C’est un objectif derrière un objectif ; mener un projet de découverte chorégraphique avec de jeunes apprentis danseurs et leur apprendre ou leur ré-apprendre ce que l’imagnaire peut nous apporter comme liberté.

Ce n’est pas seulement un travail du corps et de danse qui s’est déroulé durant ses 23 heures d’ateliers, c’est de la pédagogie. Apprendre à s’investir, à être exigent et à la fois indulgent avec soit-même, écouter les autres et ce que l’on nous propose, être dans l’attente/prêt à recevoir, et surtout la concentration ! Tant de valeurs et de qualités importantes dans notre société et la vie de tous les jours.

 

 

Et sinon… une question?

 

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Les 26, 27 et 28 mars après la représentation de Ce quelque chose qui est là… , les spectateurs, les deux comédiens François Jaulin et Eric Herson-Macarel ainsi que la metteure en scène Chantal Morel ont pu échanger autour d’un verre.

Nos spectateurs ont pu poser directement leurs questions à l’équipe artistique, ou pour les plus timides, les écrire et les déposer dans l’urne!

 

 

 

Tous au théorbe!

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Cette saison le cdbm donne cartes blanches aux artistes en résidence. Leur travail consiste à présenter de nouvelles créations ou des pièces de leur répertoire. ils répètent régulièrement dans le lieu, et conduisent un travail d’action culturelle sur le terrain.

A cette occasion, une conférence musicale a été menée jeudi 29 novembre par Jérome corréas, directeur artistique des Paladins, Benjamin Narvey théorbiste, et Véronique Sternberg, dramaturge spécialiste du XVIIème siècle. Les conférenciers sont revenus sur l’historique et l’esthétique baroque. Ils ont également parlé du rapport d’Haendel avec cet univers.

Confortablement assis, le public a été bercé par la douce mélodie d’un luth. Le musicien a repris certaines partitions d’Haendel.

Par ailleurs, ce dernier fut obligé d’accorder plusieurs fois son luth du fait de sa nouveauté. Il a d’ailleurs partagé de précieuses informations sur l’utilisation de cet instrument, c’est ce qu’il dit en ces propos: « il est nécessaire de travailler un nouveau luth au moins 6 mois avant son entrée en concert ». Il est également revenu sur l’évolution du luth avec l’ajout des cordes.  Au fil des ans ces dernières sont passées de 4, 6, 9, 10, 14 et même plus.

Ludique et didactique à la fois, entrecoupée d’analyse littéraire et de pause musicale, cette conférence a été très instructive.

Suivi d’une rencontre autour d’un verre, cette soirée fut beau moment d’échange entre les amoureux de la musique et les artistes.

Mariama Doucoure

 

Dans les secrets de la création

Installés au Cdbm pour une semaine de création, Jean-Marie Machado, compositeur de jazz et Alain Français, designer sonore, ont accueilli des élèves et des musiciens amateurs pour découvrir une œuvre en devenir. Ces spectateurs privilégiés ont pu découvrir les premiers résultats d’une pièce sonore qui sera jouée au Cdbm en octobre 2018, et échanger avec les artistes sur l’art de la composition acoustique et électronique.